HÉRY(Claude de). 1557—1582.
Maitre orfèvre à Paris, qui apprit, comme la plupart de ses confrères, et peut-être un peu plus que la majorité d'entre eux, l'art du graveur sur métaux.
Il s'y rendit assez habile et obtint la charge de Tailleur et graveur général des monnaies de France.
En novembre 1557, il demanda au Roi ses lettres de provision pour l'office laissé vacant par Béchot, qui en avait été pourvu le premier, dix ans auparavant.
Henri II les lui accorda, le 24 novembre; mais la Cour des monnaies, à laquelle il en demanda l'enregistrement, refusa de les entériner, disant que l'office de Tailleur général n'était pas nécessaire et qu'il le fallait supprimer par économie.
La Cour se fondait encore sur d'autres raisons que celle du <<divertissement des deniers du Roi»; elle déclarait que « les mounoyes de France estoient aussy bien gravées avant que depuis la création dud.office..., que les Tailleurs particuliers,qui <<n'avoient qu'à suivre la taille du général>>, étaient« nourris en ignorance>> ; enfin que c'était « grande longueur, grands frais et dangiers aux officiers des monnoyes de venir de toutes les partyes du royaulme et principallement des loingtaines quérir matrices et poinçons en ceste ville de Paris>>. (13déc.1557.) Claude de Héry insista; le Roi persista et donna des lettres de jussion.
Alors se présenta un graveur nommé Guillaume Martin,apportant à la Cour des monnaies des coins gravés à l'effigie royale, et demandant que son travail fût soumis à l'appréciation de Sa Majesté en même temps que celui de Claude de Héry.
La cour, qui commençait à admettre l'idée du concours, idée souvent bien fâcheuse quand il s'agit d'oeuvres d'art,—reçut les coins, les envoya par ses députés à Henri II, qui, après les avoir examinés à loisir, et sans doute aussi après les avoir soumis au jugement de ses peintres, choisit les coins de Claude de Héry, et , par une lettre datée de Monceaux, le 1er juin 1558, avertit la Cour,qui ,ne pouvant plus soulever d'objections contre la réception du Tailleur général, si manifestement soutenu par le Roi, reçut l'orfévre dans l'office qu'il sollicitait, et l'installa le 3 juin1558. (Arch. Imp.,Monnaies. Z 3176, fol.83, 96 et suiv.) Claude de Héry exerça sa charge paisiblement sous les Rois Henri II, François II, Charles IX et Henri III, de 1558 à la fin de 1581.
Charles IX étant monté sur le trone,le 5 décembre1560, Claude de Héry fit les coins de la monnaie nouvelle qui servirent—au moins pour les testons—pendant neuf années.
Le Roi était arrivé à l'âge viril; il avait dix-neuf ans et demi, et il était singulier que sa monnaie fût toujours frappée à l'effigie d'un enfant.
Soit que Charles en eût fait le premier la remarque, soit que l'observation vint de quelqu'un de la Cour des monnaies,celle-ci se réunit pour aviser, ayant mandé Claude de Héry Tailleur général qui dict que led. seigneur Roi estant dernièrement, au mois de juillet, en l'abbaye St-Germain des Prés, après l'avoir veu par diverses foys, il en avoit faict le portraict au mieulx quy luy avoit esté possible et faict et gravé ung nouveau poinçon de son effigie», et Claude de Héry montra à la Cour ce poinçon, qu'elle fit voir, à Me François Clouet dict Janet painctre et varlet de chambre du Roy pour ce mandé au bureau», qui rapporta• led. poinçon estre fort approchant de l'effigie du Roy en l'aaige qu'il étoit à présent.
La Cour ordonna alors au «Tailleur général de faire et graver un autre poinçon de l'effigie du Roy « le mieulx qui luy sera possible,son aaige et figure propre, et commode à Deniers Testons pour sur jceluy faire frapper une pille et ung trousseau pour la fabrication desd. testons,en la plus grande diligence que faire se pourrat. (9e déc. 1569. Reg. Z. 3176,fol. 325.) Claude de Héry ne perdit pas de temps,car « le trentiesme et penultiesme jour dud. moys de décembre»il présenta au bureau de la Cour un poinçon de l'effigie du Roy, une pille et un trousseau « pour monnoyer Testons».
Sur quoi la Cour ordonna que devant ses commissaires on tirât quelques épreuves pour voir si le travail était bon et acceptable; et << parce que lesd. pille et trousseau n'estoient trempés, on les rendit aud.de Héry avec ledict poinçon» et à luy fut enjoint d'estre prest le lendemain. Il fut exact.
Les épreuves tirées pour être communiquées au Roy furent envoyées à Angers,où se trouvait Charles IX.
Le Roi était malade quand les testons du nouveau type lui furent présentés. Malgré l'assentiment de Clouet, ils déplurent.
Charles IX ne les trouva pas ressemblants; ils ne reproduisaient, suivant Sa Majesté, ni les traits de son visage, ni sa taille actuelle.
Messieurs des monnaies furent avertis de cette déconvenue par le président Faucher, un des leurs, qui, le 13 fév.1570,présenta à ses collègues une lettre à lui adressée par Messlre Henri de Mesmes,et datée • d'Angiers ce mardy gras7e fevrier Ve LXX,. Voici cette lettre qui fut lue par le président:
• Monsieur, vostre pacquet a été présentè au Roy longtemps après mon arrivée, à cause de sa malaidie, laquelle a faict aussi peult estre juger vos Testons moings ressemblans à son visage: la rogne en faict le jugement, qui n'a garde de trouver bonne aucune portraicture de luy, car, à ce que nous avons vu et voyons à toute heure, nul paincire (ne) peult suffire pour le représenter à nostre contentement; ainsy je crois qu'ils (le roi et la reine) demeurent en oppinion de n'y toucher qu'ils ne soient à Paris,et dict sa majesté qu'il y a trop longtemps que vou ne l'aures veu trestous pour vous ressouvenir assez de sa semblance.
Source: Gallica; Dictionnaire critique de biographie et d'histoire, par A. JAL, année 1872
17:58 29/09/2011 http://pieces-et-billets-de-collection.over-blog.com
claude de heryEcrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

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